Articles

Adieu, père François !

Image
Lundi 20H45, François Lichtlé remettait son esprit à Dieu qu'il a servi pendant 20 ans, emporté par une maladie qui lui aura encore pris la lumière du jour. J'ai fait la connaissance de ce prêtre inhabituel il y a quelques années par le biais du maire de Roppentzwiller alors. Il nous avait reçus dans son presbytère de Waldighoffen où j'avais apprécié les vieilleries et le caractère authentique du lieu où s'affairaient des jeunes... Le Père François avait choisi de se consacrer aux petits de ce monde. Il redonnait un sens à la vie d'adolescents paumés, "ses enfants", désormais orphelins mais dont l'association Domus s'occuperait dorénavant. Ce matin, l'église de Waldighoffen était trop petite pour contenir la foule d'amis, de paroissiens et de fidèles venus des six communes de la future communauté de paroisses. C'était l'ultime hommage à un curé de campagne singulier, qui élevait des chèvres et des poules, qui portait la soutane et l...

TRES GRANDE SOLITUDE

Image
  C'est le premier TGV du jour. Départ 05H41 pour Paris Gare de Lyon. Quelques voyageurs ont pris place dans l'InOui. Nous nous installons à l'étage. Je remarque que je me trouve sous le casier de l'échelle. En cas d'urgence, un moyen de descendre de la rame. Dans ce type de train, le chef de bord décline les prénoms de l'équipage. Le sien, celui du conducteur et même celui de l'hôte propreté. La Covid-19 s'est mise sur les rails. Combien de fois dois-je entendre les règles liées au port du masque que mon voisin tombe par moments sous le nez. Utiliser le gel hydroalcoolique à disposition sur les plateformes. En raison du protocole sanitaire, le bar est fermé. Tout cela est énoncé dans une intervention approximative et une qualité sonore toujours dissonante. Nous voilà en route pour la capitale. Pas un bruit sinon celui de la rame lancée sur la LGV vers la Bourgogne. Un souffle d'opéra. Je perçois cependant le tapotement d'un clavier d'ordinat...

LACHER-PRISE CHEZ LE DENTISTE

Image
  Je ne verrai plus la salle d’attente de mon dentiste. Rassurez-vous, je n’ai pas de dent contre lui. Mais ce brave orfèvre de la céramique est en train de déménager son cabinet dans une commune voisine. Il se délocalise dans la couronne. La salle d’attente avait fait l’objet d’un blanchiment voilà quelque temps. Le liseré bleu se marie bien avec la décoration, des affiches surannées d’expositions de peinture, un cadre signalant le paiement à la prestation, la nécessaire plante d’ornement dont les branches sont des volutes, tandis que la baie vitrée m’interroge toujours. Ce devait être la salle de bain à côté. Quatre chaises écru sont disposées aux points cardinaux. Bon, on n’est pas là pour un bridge. Le jeu de cartes. Je considère la reproduction de Mescouli en pensant aux fraises du docteur. Je jette un regard furtif par la fenêtre. La cour aurait besoin d’un détartrage. Au milieu de la pièce repose une table carrée. Il n’y a pas si longtemps encore, on pouvait prendre s...