LE BELVEDERE
Beaucoup de relations amoureuses se nouent dans l’environnement professionnel. Il y a bien longtemps déjà, je partageais mon espace de travail avec Cassandre dont j’avais appuyé le recrutement. La jeune femme aux longs cheveux bouclés était dans l’air du temps, la consommation responsable, les déplacements doux, le respect de la vie avec un peu de féminisme sans doute. Je n’arrive pas à m’expliquer comment j’ai pu me forger des sentiments envers cette blonde urbaine qui n’était pas de mon monde, mais l’amour rend aveugle paraît-il.
Était-ce
son physique, un corps bien construit sans rondeurs proéminentes ?
Sa chevelure couleur blé de juin ? Son enthousiasme
communicatif ? Je ne sais plus.
Alors un jour, après
avoir longuement réfléchi, pensant que l’heure était favorable,
j’ai emmené Cassandre
sur les hauteurs de Mulhouse, au voisinage du parc botanique et
zoologique. Je l’ai fait monter au sommet de la tour du Belvédère,
d’où elle pourrait considérer un panorama à 360° et écouter ma
déclaration dans un endroit inattendu. J’ai une expérience
théâtrale, il fallait la mettre à profit pour créer un moment
dont je me souviendrais toute ma vie.
Cassandre
s’est assise sur le banc. Je lui ai dit de m’attendre. Je suis
descendu d’un palier, le trac aux entrailles. J’ai repris mon
souffle et gravi les dernières marches de la construction
métallique. J’ai livré ce
que mon cœur
retenait.
Sincèrement. A nu. J’étais, je crois, amoureux. Il m’avait
fallu un effort de montagnard pour oser.
Cassandre
eut un rire cassant. Je m’étais pris un râteau au sommet.
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